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Le Couac devient ado
15 ans à faire rager les crétins !

Quelle est la différence entre une cuisinière à gaz et Le Couac ? Comme le veut la tradition de ce genre de devinette, il n’y en n’a pas, bien sûr. Mais non, ce n’est pas parce qu’on peut y mijoter de la bonne nourriture, pour le corps dans le premier cas, et pour l’âme dans le second. Ce n’est pas non plus qu’ils peuvent tous deux nous donner des envies de suicide, Le Couac en nous rappelant à quel point notre monde fait dur, et la cuisinière en nous offrant son gaz indolore pour lui faire un dernier doigt d’honneur.

Non, ce qui fait qu’il n’y a pas de différence entre une cuisinière à gaz et votre canard préféré, c’est la flamme qu’ils ont tous les deux, la « flamme témoin ». Vous savez, cette petite flamme qui reste toujours allumée à la sortie des brûleurs de la cuisinière et qui fait qu’on n’a pas besoin de briquet pour allumer un rond. Juste besoin de tourner le bouton, et le gaz libéré s’embrase au contact de la flamme témoin.

C’est quoi le rapport avec Le Couac ? Ben c’est la même ostie d’affaire, pour le dire un peu raide. C’est une MÉTAPHORE de notre travail, pour le crier comme un certain chroniqueux au service de PKP qui nous prend pour des caves (mais qui au Couac nous inspire tellement…).

Le Couac, une flamme témoin donc. Une flamme qui brûle tout le temps, à petit feu, depuis 15 ans ce mois-ci, même quand y fait frette, même quand y se passe rien, même quand le PQ est au pouvoir. Une flamme qui a brûlé pendant les 9 ans de l’ère sociale glaciaire du PLQ, non sans chauffer les fesses de Patapouf Premier aussi souvent que possible. Une flamme qui éclaire le sourire psychopathe de Harper et nous rappelle que non, c’est n’est pas un cauchemar, et que ça se passe même icitte dans notre plusse beau pays du monde.

Une flamme et un témoin. Un témoin qui se bidonnait déjà de Ti-Jean justement, et de Lulu aussi, même quand il avait encore son auréole de saint sauveur des brebis québécoises égarées. Un témoin des « je ne savais pas », des « je n’étais pas au courant » et de toutes les « les allégations démenties avec vigueur » de Gérald Tremblay à Alfonso Galiano, en passant par tous les Zambito et les Zampino de ce monde.

Mais un témoin aussi des squats combatifs, des accréditations syndicales gagnées de haute lutte, des réappropriations de l’espace public créatives, des projets de quartier qui n’attendent pas l’autorisation en 4 copies signées, des manifs qui te reboostent les batteries de fraternité en improvisant son itinéraire et en gueulant « on est plus que cinquaaaaante ! », parce que, s’tie, on est 5 000, 50 000, ou 200 000, pis que ça va passer comme un fait divers le lendemain dans les « grands médiocres »…

Mais aussi une flamme pour donner des munitions quand ça chauffe, quand une grève étudiante devient un mouvement social, quand les gens qui exercent leurs droits démocratiques dans la rue se font battre, gazer, éborgner, par les gangs de rue légalisés, par le bras armé de l’État, par sa police pro-émeute. Une flamme pour sortir de l’insupportable légèreté journalistique mainstream, qui pérore sur les vertus du respect des lois et taisent la culture de délation promue par des lois spéciales fascisantes.

Certes, c’est dans la nature d’une flamme témoin de vaciller. Petite, elle est soumise au moindre courant d’air, au moindre creux d’abonnement, à la moindre hausse des coûts du papier, au moindre collègue qui nous quitte, happé vers d’autres horizons… Mais (et là watch out le mix de MÉTAPHORES…), on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien phœnix qu’on donnait pour mort ! Alors qu’on a tout fait pour qu’il n’entre dans aucune des cases des subventions qui garnissent à coup de demi-million la bêtise sur papier glacé à côté des caisses de supermarché, alors qu’on n’a pas les ressources pour chercher de la publicité (pas conne) et encore moins pour nous en payer pour nous faire connaître dans d’autres médias (pas cons), alors qu’on refuse de vendre du lectorat à des annonceurs – ce qui permet de charger 1$ pour une grosse Presse d’un pouce d’épais – et qu’on s’entête à vendre 8 pages d’info le prix que ça vaut (4$), alors que les blogues poussent comme des champignons sur Internet, alors que FaceBigBrother cumule les « ami.e.s », les couacquistes continuent envers et contre tous de couacquer sur du papier grâce essentiellement à leurs abonné.e.s…

Camarades abonné.e.s, lecteurs et lectrices occasionnel.le.s (dont on attend le chèque d’abonnement sous peu, voir coupon en page deux…), si cette petite flamme témoin qu’est Le Couac existe, c’est grâce à vous, c’est pour vous, c’est pour nous. Nous venons de vivre des mois difficiles mais exaltants, des mois qui rappellent les vérités les plus simples que les grands médiocres s’affairent quotidiennement à occulter : l’union fait la force, seule la lutte paie, nous ne sommes pas seuls, nous sommes légion ! Faisons en sorte tous ensemble (et on est toujours ouverts aux nouvelles contributions, voir page deux aussi) que Le Couac déploie ses ailes, qu’il reste encore longtemps cet ado rebelle, ce son discordant, ce caillou dans la chaussure, cette flamme vacillante mais tenace dans la cuisinière à gaz…

L’ÉQUIPE DU COUAC

 

5 à 7 pour le 15e anniversaire + Lancement du Couac de novembre !

Lundi le 12 novembre 2012

o 17:00 – 19:00 o Bar Les Pas Sages (951, rue Rachel Est). 15 ans et encore toutes ses dents, Le Couac est toujours aussi mordant ! Venez célébrer le 15e anniversaire du Couac avec le lancement du numéro de novembre pour profiter de votre dose mensuelle de critique satirique.

Lancement du numéro de novembre, cupcakes et musique !



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