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La soldate de l’Occident à l’assaut d’Allah
Fort heureusement, le dernier livre de Djemila Benhabib ne
fait pas l’unanimité. Pourtant, les commentateurs – du moins
ceux qui ont été capables, contrairement à Guy A. Lepage, de lever les yeux de leurs (osties de) cartons – n’ont pas employé de mots assez forts pour le caractériser. Car ce livre, il faut le dire et le répéter, n’est rien de moins qu’une véritable et authentique horreur. La thèse de l’auteure ? La gauche multiculturelle est « le cheval de Troie de l’Islam
politique ». Les barbus – du fond de leurs villages bombardés par nos armées ? – mettent de l’avant un agenda diabolique. Et la gauche est à son service. Ce livre contient tous les clichés pistonnés médiatiquement par la droite
occidentale et québécoise. Benhabib, tout comme ses collègues de Fox News et du Tea Party, en a assez d’être traitée, comme elle dit, de « raciste » et d’ « islamophobe ». Assez de cette « rectitude politique » et de ce « régime de terreur intellectuelle » qui favorise l’ouverture à l’intransigeance. Assez de ces « idiots utiles, pétris de culpabilité
coloniale » : il faut défendre les « valeurs universelles » de la civilisation
! Elle en a également assez, tout comme ses amis du Journal de M…, de
ceux qui veulent « victimiser les musulmans et culpabiliser les Québécois ». C’est pour cette raison que Benhabib, avec tout le courage que ça prend, se porte ouvertement à la défense de la croix de Duplessis à l’Assemblée nationale, du code de vie d’Hérouville, de l’ADQ, de Benoit Dutrizac, de la prière du maire Tremblay à Chicoutimi, etc. Pour Benhabib, il suffit de ne pas s’opposer radicalement et exactement de la même manière qu’elle au voile pour faire de vous un « idiot utile ». Vous êtes avec elle ou vous êtes contre elle. Pour preuve, la chasseuse de sorcières affirme – au moins 400 000 fois – que la Fédération des femmes du Québec (FFQ) défend le port du voile. La position de la FFQ est pourtant claire à ce sujet, et se résume ainsi : « ni obligation
religieuse, ni interdiction étatique ». La FFQ a donc une position anti-voile
différente de celle de Benhabib et de ses amis d’Hérouxville. Pourtant,
l’auteure, toujours en phase avec la propagande brunâtre, affirme que la
FFQ participe au « consensus pro-voile » qui affligerait aujourd’hui le Québec. Mais il y a plus… car c’est littéralement d’alliance entre la gauche et l’islamisme dont parle Benhabib. La preuve que ces « noces islamo-gauchistes » sont bien réelles est argumentée à grands coups d’anecdotes on ne peut plus pathétiques : poignée de main de Tariq Ramadan (elle parle de lui au moins 800 000 fois) à José Bové ;
propos du très représentatif et influent militant Jaggi Singh, qui accuse la
commission Bouchard-Taylor d’être « raciste » ; conférence de Tar iq
Ramadan (on se demande ce qu’elle ferait sans lui !) lors d’un sommet altermondialiste, etc. Et c’est sans oublier notre Lénine national, notre guérillero du Plateau : Amir Khadir, qui a déjà été assis à côté de – vous le devinez – Tariq Ramadan, et à qui elle consacre, sans toutefois avancer la moindre information litigieuse, un chapitre entier. Pourtant, si Benhabib était réellement à la recherche de fauteurs de
haine, elle aurait pu en trouver quelques-uns fort influents. Et je ne
parle pas ici des fous de Dieu qui siègent à Ottawa ou à Washington,
mais bien de ces authentiques barbus qu’elle prétend prendre en chasse. Joseph Gilles Breault, alias « Dr Youssef Mouammar » alias « Abou
Djihad », et Mubin Shaikh, en sont deux exemples bien documentés1. Shaikh a été l’un des plus grands défenseurs des tribunaux islamiques en Ontario, de même que l’un des membres de la « cellule terroriste
» de Toronto arrêtées en 2006. Mouammar, pour sa part, a écrit des
dizaines d’articles à saveur islamiste radicale dans la presse à grand tirage et a été porte-parole, de 1989 à 1994, de nombreuses organisat ions islamiques. Ces deux hommes ont profité de larges tribunes médiatiques afin de diffuser leur message fondamentaliste et religieux. Pourquoi Benhabib n’en souffle mot ? Pourquoi préfère-elle allait renifler l’odeur éculée des souliers de Khadir plutôt que de parler de ces cas drôlement plus importants ? Serait-ce parce que Mouammar et
Shaikh ont été informateurs du Service de renseignement et de sécurité
canadien (SCRS) pendant de longues années ? Serait-ce que d’exposer
ces cas nous permettrait de comprendre qui a intérêt à mettre de
l’avant la menace islami ste ? Benhabib, un jour, rencontrera peutêtre
un journaliste qui sait faire son métier, et qui lui posera la question… En attendant, parfaitement en phase avec son époque, ce brûlot mouillé est d’une grossièreté à rendre jaloux n’importe quel animateur du Canal V. Seulement, et c’est précisément pour cette raison que ce livre est une horreur, la charge est faite, comme Benhabib le dit elle-même, au nom du
féminisme et des valeurs progressistes. N’était-ce pas elle qui parlait d’ « idiots ut i les » aux soldats d’Al lah en Amérique ? Qu’en est-il, alors, des « idiots utiles » au chauvinisme, à l’impérialisme, au colonialisme et à la guerre ? Des esprits libres, sans aucun doute. Libres et « courageux ». Car il en faut du courage, en 2011, pour se porter à la défense de la toute petite et fragile civilisation occidentale menacée par
les barbus et les socialistes. Vraiment... MARC-ANDRÉ CYR — - Djemila Benhabib, Les soldats d’Allah à l’assaut de
l’Occident, Montréal, VLB, 2001. 1 Alexandre Popovic, « SCRS et médias (1 de
5) - Des informateurs qui se prennent pour des
leaders musulmans », article disponible sur le
site Cent Papiers. Tout comme Benhabib,
Popovic tient pourtant la vaste majorité de ses
informations des journaux à grands tirages. |
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Le Couac
2006 |