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Big Brother, c’est lui !
Dans son célèbre roman d’anticipation « 1984 », George Orwell laisse planer un doute sur l’existence réelle de Big Brother. Le chef de l’État d’Océania voit tout, surveille jusqu’à nos pensées, mais lui, on ne le voit jamais en personne. Voilà qui est louche… S’ensuit une série de questions sur la véritable nature de celui qui est devenu la figure emblématique des régimes policiers et des assauts contre les libertés individuelles. Finalement, on comprend qu’il n’existe pas, mais que tout le monde doit faire comme si. 2 + 2 = 5. C.Q.F.D. Le dossier semble clos, sauf que… Sauf que depuis quelque temps, toutes sortes d’événements sont survenus dans notre plus meilleur pays du monde – d’un océania à l’autre, pourrait-on dire – et qui nous amènent à penser que Big Brother existe peut-être réellement, après tout. Jugez-en par vous-même : Au cours des derniers mois, « Il » a supprimé le financement de l’ONG KAIROS (et coupé celui d’Alternatives) en raison de son soutien envers les droits des Palestiniens. « Il » a remplacé la direction de Droits et Démocratie car celle-ci appuyait des ONG israéliennes et palestiniennes effectuant des recherches sur les abus de droit commis à Gaza. Un député de « Son » parti a concocté une motion contre la Semaine contre l’Apartheid israélien sur les multiples violations des droits des Palestiniens par Israël. La motion condamnait aussi l’utilisation du mot Apartheid pour toute discussion qui touche à Israël. Pourtant, l’ex-président américain Jimmy Carter –qui n’est pas exactement un militant d’extrême gauche – affirmait en décembre 2006 que « la politique d’Apartheid d’Israël est pire que celle de l’Afrique du Sud ». Le Bloc québécois s’est retiré de la Coalition canadienne parlementaire de lutte contre l’antisémitisme parce ce que « Sa » commission a un penchant marqué en faveur d’Israël qui amène son directeur à refuser d’entendre « les groupes aux vues dissidentes ». Dans « Son » dernier budget, « Il » ne prévoit pas d’argent neuf pour la Fondation autochtone de guérison dont le financement arrive à échéance, ce qui mettra fin à 134 projets communautaires favorisant la guérison des Autochtones de partout au pays. « Il » a aussi réduit l’aide financière qu’il accorde à des écoles, des bibliothèques, des centres communautaires ou des hôpitaux qui fournissent un accès à Internet dans le cadre de son Programme d’accès communautaire, menaçant ainsi directement la survie des points d’accès à Internet en région et en réduisant l’accès aux citoyens moins fortunés.
« Il » a fait preuve d’une absence totale d’initiative pour assurer un avenir à la Fondation Canadienne pour les Sciences du Climat et de l’Atmosphère (FCSCA) qui n’a pas reçu de nouveaux fonds du fédéral depuis 2004. Plusieurs centres canadiens de recherche en sciences du climat sont ainsi menacés de disparaître d’ici les prochaines années, leur principale source de financement étant la FCSCA. « Il » a implanté un « protocole de relations avec les médias » sans précédent dans le domaine climatique interdisant aux scientifiques d’Environnement Canada de répondre directement aux questions des journalistes, comme ils le font depuis plusieurs décennies. Même si les questions auxquelles les scientifiques doivent répondre sont de nature strictement scientifique, leurs réponses doivent être approuvées par plusieurs cadres supérieurs avant que soit donnée une entrevue. Ce qui fait dire à Matthew Bramley, de l’Institut Pembina, membre du Réseau Action Climat, qui réunit la plupart des organisations écologistes du pays, qu’une telle mesure « va à l’encontre des principes mêmes d’une société démocratique ». On pourrait malheureusement continuer encore longtemps cette liste déprimante. En fait, il suffit de trouver une institution environnementale ou moindrement progressiste et il y a de bonnes chances qu’« Il » lui fasse la guerre. Mais je l’entends déjà nous dire que c’est pas grave puisque « la guerre, c’est la paix »… Ce qui nous ramène à notre question de départ, à savoir si Big Brother existe réellement. Il demeure toujours aussi difficile de l’affirmer avec certitude. Mais s’il y a un candidat qui s’en rapproche au point de s’y confondre, ce ne peut être que « Lui ». YVON D. RANGER Pour des pétitions… Contre l’arrêt du financement de KAIROS : http://www.cjpme.ca/fr/fr_action_KAIROS_2010_03.shtml Contre l’attaque du gouvernement contre Droits et Démocratie : http://www.cjpme.ca/fr/fr_action_RandD_2010_03.shtml Contre les coupures de budget au Fondation autochtone de guérison :
http://www.petitiononline.com/fundAHF/petition.html Pour la Reconduction des fonds à la FCSCA :
http://www.leclimatimporte.net/petition |
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Le Couac
2006 |