accueil brèves articles liens écrivez-nous abonnement

Bonne fête Mémé Desmarais

Le 30 août dernier, Jacqueline Desmarais, épouse de Paul Desmarais père – dit Monsieur –, célébrait son 80e anniversaire. Pour souligner l’événement, la famille a organisé un petit party intime à leur domaine de Sagard dans Charlevoix, une petite propriété couvrant 75 kilomètres carrés de cette région.

Résumé de l’événement.

La Reine de Saggard. Voilà comment décrire celle qu’on surnomme aussi « Jackie » ou « Madame », l’animal de foire au centre de cet événement, une femme botoxée ayant l’air et étant habillée comme une vieille anglaise riche de Westmount, puissance dix. Disons que la rivière de diamants qu’elle portait à son cou valant assurément quelques millions ajoute beaucoup de valeur à cet insignifiant personnage. Aussi, rien de trop beau ne sera retenu pour lui faire plaisir.

Tous les valets travaillant à la réussite de cet événement dormaient à Saint-Siméon. Les valets artistes dormaient pour leur part en chambre privée au Manoir Richelieu à environ 1 h 30 de route du domaine des Desmarais. Comme en 2003, lors de la pendaison de crémaillère des Desmarais, les invités attendus monopolisaient des agents du FBI, des SCRS et de la GRC. Car, voyez vous, comme tous les mafieux liés à cette monarchie mondiale imposée, les Brian Mulroney, Lucien Bouchard, George Bush père, Jean Chrétien, Jean Charest et Paul Martin nécessitent une protection quand ils se déplacent. Les 143 employéEs du domaine ainsi que les trop nombreux faisans – desquels les employéEs auraient perdus le contrôle parce qu’introduits volontairement selon les désirs de Monsieur –, les voient donc arriver en avion ou en hélicoptère, bien loin des regards indiscrets. Accueillant, le domaine compte un golf de 18 trous culminant vers une immense maison de campagne à l’image d’un faux Versailles, d’un faux Moulinsart de quelques étages orné de colonnades.

Autre question de sécurité, aucun véhicule personnel ne peut entrer au domaine. Les valets cheminent donc toutes et tous vers la fête en autobus. Au cours du trajet, on informe les passagers de quelques autres détails techniques. D’abord, éteindre le cellulaire en entrant au domaine, pas de contact avec l’extérieur, se tenir strictement aux endroits désignés, suivre les consignes du personnel de sécurité et aller aux toilettes dans le bloc sanitaire extérieur loué pour l’événement. Malgré cette précaution, lors de la soirée, un débordement inattendu de ces chiottes populaires imposera des fesses impies aux toilettes royales intérieures. On a beau tout prévoir…

Depuis quelques jours, l’organisation de la fête allait bon train. À travers des jardins français sans fin, dans une tente, une salle de concert extravagante et riche a déjà accueilli son très quétaine faux penseur de Rodin, une partie des 400 000 $ de fleurs, principalement des orchidées de partout à travers le monde, achetées spécialement pour l’occasion ainsi que la répétition de l’Orchestre Métropolitain à laquelle Papa Bush aurait assisté. Étonnant. Au départ, les Desmarais désiraient retenir les services de l’OSM mais, voyez vous, il semblerait que la convention collective de cet orchestre, plus généreuse que les conditions de la Guilde des musiciens, ait modifié les plans de la soirée.

Modestes, ceux-ci comptent désormais 70 musiciens et 70 chanteurs dont Renée Fleming, Bryn Terfel, Marc Hervieux, Hiromi Omura et Marcelo Alvares. Précisons qu’avec sa Fondation, Jackie a acheté presque tous les artistes valets qui se produiront devant elle lors de cette soirée. Le producteur québécois de matière fécale internationale, Luc Plamondon, a même écrit une comédie musicale d’environ 30 minutes pour Madame. C’est dire tout le bon goût des Desmarais en matière d’art.

Avant que le spectacle ne commence, l’Orchestre métropolitain sera parqué dans le garage, près de la tente, en attendant sagement son tour. Chacun à sa place. Lors de leur performance, malgré la présence d’une technique de sonorisation plus que complète, le son pourri rendra à peine la qualité des pièces qui seront jouées. Point culminant du spectacle, un cadeau de fête de Monsieur, une chanson écrite spécialement pour Madame. Il est vrai qu’on ne peut pas offrir grandchose à des maîtres qui possèdent déjà tout. Émue et terriblement reconnaissante, elle déclarera : « On m’a dit que je n’avais pas le temps de faire un discours, mais je suis émue et je veux remercier… ». Il est bien vrai qu’ils possèdent tout. Mais pas le temps, semblerait-il.

Plusieurs diront que la dépense totale pour cette soirée oscillerait entre 12 et 14 millions $. Une soirée. Douze millions de dollars, l’équivalent de 480 ans de travail pour unE salarié gagnant annuellement 25 000 $. Tant de moyens pour si peu de goût.

Le Chat Noir


DANS LA MÊME RUBRIQUE
Le caqatoès-multicolore
Un deuxième Hoodstock à Montréal-Nord
Pour prendre publiquement congé de quelques salauds*
Ce dont les J.O. de Vancouver seront la représentation
Sortis de nulle part
Michel ou Marx ?
PERSONNE N’EN PARLE !
L’ANNÉE DES COCHONS

© Le Couac 2006
Téléphone / Abonnement: (514) 596-1017