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Dormez tranquilles, l’ASFC veille sur vous !

Chers lectrices et lecteurs. Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, nous vivons, dans la frayeur, dans le danger. Un danger constant que nous prenons trop souvent à la légère, de part le faux sentiment de sécurité qui peut nous envahir quand il s’agit de fêter avec des amis. Le terrorisme est partout, c’est justement pour ça qu’on ne le voit nul part. Ouvrez l’œil. Et surtout, surtout, n’allez pas à n’importe quel party d’anniversaire ou de bureau. Car si l’on en croit une récente décision de l’Agence des Services frontaliers du Canada (ASFC), un party d’anniversaire serait un des lieux les plus dangereux de notre société malade et perverse. Qui plus est, comme si l’horreur n’était pas assez, un party d’anniversaire peut avoir une connotation politique. J’ai bien dit po-li-tique ! Qui sait, dès lors, ce qui sortirait des pétards de la fête ?

L’ASFC a ouvert l’œil pour nous tout dernièrement en empêchant Mohammed Harkat de se rendre au party d’anniversaire de ses 40 ans prévu samedi 6 septembre 2008. Le tout se passait dans le sous-sol d’une église et tous les invités avaient été « préapprouvés » par les services frontaliers. Vous pensez peut-être que d’avoir la liste des invités est une mesure suffisante ? Malheureux ! Imaginez tout ce qui aurait pu se dire durant le party, toutes les conspirations qu’auraient pu fomenter la bande d’illuminés que devaient être les invités ! Une chance, l’agence a pris les choses en main et signifié à la famille Harkat que la présence de Mohammed à son party allait contre l’esprit de la décision du juge Noël de la Cour fédérale, lequel a interdit tout rassemblement politique à Harkat. Décision visant, bien sûr, à assurer notre sécurité. Vous me ferez peut-être remarquer que les membres de l’ASFC qui suivent la famille Harkat portent des gilets pare-balles et des armes. Certes ! Mais on peut facilement imaginer que leurs gilets et leurs armes n’auraient constitué qu’une bien maigre barrière face aux sauvages politisés à mort qui devaient assister au party.

On a tout de même frôlé la catastrophe car ce n’est que jeudi, alors que le party avait lieu samedi, que les services frontaliers ont signifié à la famille Harkat leur décision. À l’heure où le chaos règne, où la listériose nous menace, nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir des services frontaliers aussi perspicaces et téméraires. Avant votre prochain party de bureau ou d’anniversaire, songez-y à deux fois. Quelques heures de plaisir peuvent se payer très cher. On n’est jamais à l’abri d’une discussion politique. Jamais.

ISABELLE BAEZ



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