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La droite est une conspiration
La droite s’installe plus fermement et plus redoutablement un peu partout en Occident. Cette droite, y compris celle de la France avec Sarkozy, et ici par exemple celle de Harper, s’articule sur le système impérialiste américain. Ces ralliements inconditionnels, particulièrement évidents maintenant, ne sont pas des phénomènes isolés. L’Otan, dont Paris maintenant se rapproche, est en train de reconstituer des antagonismes de grandes puissances ou de blocs comme au temps de l’URSS. C’est là que mènent directement les volontés hégémoniques américaines au Moyen Orient et ailleurs, avec l’accompagnement des satellites que nous sommes. La terre entière ne se soumettra pas aux ambitions américaines, appuyées soient-elles par la Grande-Bretagne, par la Pologne et maintenant ouvertement par la France et d’autres pays. Il en résultera une nouvelle situation conflictuelle entre super-puissances, reproduisant à l’identique les conditions de la guerre froide. Cela commence à être le cas, on le voit déjà par l’installation du système anti-missile en Pologne et par la réplique armée annoncée par la Russie. Il y a d’autres indices de la progression rampante de la droite dans l’Occident industrialisé, y compris au Canada, y compris au Québec. Pour la Grande-Bretagne, queue de veau des Etats-Unis, cette vassalisation a lieu depuis longtemps. De Gaulle la remarquait déjà. La Pologne, la pauvre Pologne historique, s’est vendue elle aussi aux Etats-Unis. Et maintenant, en France, le diminutif Sarkozy, qui ne comprend rien à la grandeur ni à l’indépendance de son pays, est en train de l’offrir gratis aux Etats-Unis, après avoir recruté dans ce but quelques transfuges « socialistes » pro-guerre d’Irak comme le toubib sans frontières Krouchner. Il ne s’agit pas de phénomènes-champignons détachés les uns des autres et plus ou moins fortuits. C’est plus profond que cela. La Réaction est à l’œuvre et elle est internationale. Les Etats-Unis, dans leur politique, englobent un nombre croissant d’Etats, dont la marge d’autonomie se rétrécit. La France du Diminutif s’offre, se livre, méconnaissable. Cela ressemble à une trahison. Et le Canada ? Harper, lui aussi, nous vend littéralement, se conforme à la politique armée de Washington, entretient la guerre du Moyen Orient avec nos troupes, accentue le recrutement de l’armée, ne cherche qu’à complaire aux Etats-Unis et à leur politique rétrograde. On le voit non seulement à son militarisme mais à divers signes, par exemple, récemment, à propos de la peine de mort... Localement, au Québec, la droite, avec Charest, après le Suroît, après Orford, tentatives avortées, continue de sévir, cette fois au sujet du port méthanier. Le néo-duplessisme de Mario Duvent fait partie de cette vague inquiétante de non-résistance à une droite proliférante en Occident. La gauche, la gauche comme mot d’ordre, la gauche comme action consciente et conséquente, ouverte et proclamée, raisonnable et mesurée, s’imposerait donc maintenant comme une riposte et comme un obstacle à la conspiration spontanée d’une droite dont l’ampleur en même temps que les moyens menacent tout ensemble la paix, la souveraineté d’Etats comme la France et le Canada, ainsi que la démocratie, la justice sociale, la culture. Cette droite programmée constitue un phénomène historique en soi. Il importe de la regarder ainsi, de l’isoler par l’analyse, d’exercer contre elle une opposition ciblée. Il faut agir sur le singulier (politiques de Harper, de Charest, de Dumont). On ne doit pas y voir des politiques non liées entre elles, mais plutôt, au contraire, comme faisant partie d’une politique de fond, celle-ci trahissant clairement à certains moments son origine comme on le voit par la soudaine orgie de dépenses militaires canadiennes accompagnée de notre présence belliqueuse en Afghanistan. La Droite tente de s’imposer à l’humanité par les armes, par une diplomatie racoleuse, par le marché, par la propagande. C’est d’une mouvance qu’il s’agit, d’une entreprise universelle. Comment ne pas voir par exemple que les politiques de Harper sont dans ce courant ? Elles découlent d’une influence apparemment lointaine, mais immédiate en réalité. Comment expliquer Sarkozy ? Comment expliquer l’occupation de l’Afghanistan ? Et les glissements de Charest ? Et Hillary Clinton ? Et les attaques contre Chavez, pareilles à celles qui en 1973 eurent raison d’Allende au Chili et installèrent Pinochet à sa place ? La droite, locale, n’est pas que locale. En fait, elle est surtout internationale et dominée par les USA. La Droite est une conspiration silencieuse, spontanée, mais réelle. Celle-ci est si profonde que l’observateur ordinaire n’en aperçoit généralement que les effets proches et particuliers. Il importe que les commentateurs, en ce qui la concerne, retrouvent dans leurs analyses quelque chose qui s’inspire du sens de l’histoire et d’une certaine transcendance du raisonnement politique. Pierre Vadeboncoeur |
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Le Couac
2006 |