La Une (janvier 2012)

Le caqatoès-multicolore
Une espèce dangereuse porteuse de nombreux parasites


Le Cercle de Zoologie Politique Winston-Smith s’est penché pour son lectorat sur une toute nouvelle espèce dans le règne animal : le caqatoès-multicolore. Cette progéniture est née de l’hybridation de deux espèces antérieures, le souverainis resignus et l’autonomis dumontis, qui se sont accouplées sous une pluie de dollars tout en étant bercées par un vent du siroît. Cette évolution ayant été saluée à grand cris par les harpies éditoriales et les martins-sondeurs, le cercle a jugé important de faire le point sur les menaces pour la santé publique que représente cet animal, reconnu pour être porteur du bacille du duplessisme grimpant.

Parmi les caqatoès-multicolores, celui qui porte le plumage le plus monotone est toujours désigné comme mâle dominant. En ce moment, la place échoit au airus transatus, qui arbore des plumes oscillant entre le beige et le brun, et dont le cri se retranscrit phonétiquement de la sorte : « [hon-vè-râ] ». Il se nourrit généralement en persuadant ses proies de lui céder leur ressources sous prétexte que ça rapportera du gros.

Chez d’autres espèces, les oisillons conquièrent progressivement leur maturité et quittent le nid. Chez le caqatoès, et plus encore chez l’airus transatus, le désir d’indépendance se réduit avec le temps jusqu’à disparaître complètement à l’âge avancé pour laisser place à un amour pantouflard du confort du nid. Plutôt que d’aller construire son propre nid, il préfère calfeutrer avec sa merde les vieux nids d’espèces fédérales en décrépitude.

Il a en cela une affinité naturelle avec une autre espèce animale, un type de mouche à marde de la souche des journalis mediocritus delltellus. Parasite de l’autonomis-dumontis, ce moustique est attiré par la douce chaleur et le parfum odorant des excréments qui tiennent ensemble les vieux nids fédéraux. À partir de là, il ratisse son écosystème pour en et s’en approprie des pans entiers au détriment de la majorité des autres espèces. En privatisant ainsi les ressources, il mine la santé des bêtes, dont le sang devient ainsi plus facile à sucer. Rejeté, on comprend bien pourquoi, par toutes les espèces animales, alors qu’il recherche ardemment leur reconnaissance, son dernier espoir est de se nicher dans le duvet du caqatoès-multicolore.

Mais il n’est pas le seul à vouloir s’abriter sous les ailes du airus transatus. Il existe un rongeur, le rat bello opportunis. On le trouve généralement sur les navires, qu’il quitte lorsqu’ils commencent à prendre l’eau ou que le vent tourne. Lorsqu’elle est encore jeune, la vermine se tient en bande et ronge la coque des vaisseaux étudiants, ce qui rend les rats de plus en plus dodus et allonge leurs dents.

Le rat bello cherche alors à investir des navires plus importants. Mais comme ceux-ci sont souvent déjà occupés par des congénères plus âgés, c’est contre eux qu’il se tourne pour les affronter avec la force de sa jeunesse. Il ne veut pas tant renverser la domination que l’exercer à la place des anciennes générations. C’est alors qu’il rencontre pour la première fois le airus transatus qui lui apprend à se nourrir de l’argent des autres en prétendant les ingérer de manière responsable. Maintenant qu’il est gras comme un voleur, il entre dans le timonerie des souverainis resignus. Mais quand la mutinerie gronde, il retourne vite son pelage et court chercher la protection du caqatoès-multicolore.

En terminant, le cercle Winston Smith tient à mettre garde la population des dangers épidémiologiques que représente le caqatoès-multicolore. Invariablement, le caqatoès, toujours porteur de la maladie dormante du duplessisme grimpant, finit par contaminer tout le règne animal, provoquant de l’écume à la gueule et des comportements électoraux automutilatoires. Pendant cet accès de folie, des pans entiers de la forêt sont accaparées par les rapaces qui profitent de la grande noirceur qui s’abat sur le règne animal. Mais le airus transatus a alors déjà migré pour un tout inclus des Bermudes pour aller se dorer au soleil...avec l’argent des autres.

Le Cercle de Zoologie Politique Winston-Smith

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