La Une (septembre 2014)

Pétrole sale : la guérilla qui vient !



Les temps sont durs pour les tenants de la démocratie participative. L’industrie pétrolière, les institutions étatiques et les milieux d’affaires se sont ligués contre toute intrusion citoyenne au cœur de la course folle à l’énergie. Le Devoir a recensé plus de 50 lobbyistes (nom doux pour désigner les carnivores du capitalisme) des compagnies pétrolières inscrits pour faire des démarches auprès de ministères, de municipalités et de sociétés d’État afin de s’assurer que les responsables politiques aient les « bonnes informations » et continuent de dérouler le tapis rouge. Tout ce qui pourrait causer un désagrément à l’idéologie de la rentabilité financière est jugé négligeable. Ainsi, refusant la demande d’injonction des environnementalistes pour protéger la pouponnière des bélugas du St-Laurent, la juge Claudine Roy estime que « le retard dans les travaux » serait de nature à causer « un préjudice économique » à TransCanada, une entreprise dont le chiffre d’affaires avoisine les 10 milliards de dollars. On ignore études scientifiques, processus établis et demandes de consultations populaires. Bref, tout le processus démocratique est cadenassé.

Malgré les immenses désastres humains et écologiques des 30 dernières années, à commencer par celui de Mégantic qui coûtera près de 500 millions$ en fonds publics, certain-e-s s’entêtent à croire encore les balivernes des compagnies pétrolières. La mairesse de Cacouna, à titre d’exemple, hésite encore entre la promesse de 200 emplois et le risque incommensurable de gâcher pour longtemps la beauté féérique de sa région et de tout ce que ça veut dire en termes de qualité de vie. Comme quoi le raisonnement simpliste style chambres de commerce ou associations patronales, imprègne encore profondément les esprits des notables locaux.

Québec, le maillon faible

Le Québec est devenu le maillon faible de la résistance au passage du pétrole sale d’Enbridge et de TrasnCanada pipeline. C’est bloqué dans l’Ouest par les nations autochtones, au sud par la lenteur stratégique d’Obama qui veut favoriser l’industrie américaine du gaz de schiste pour l’exportation contre ses rivaux canadiens, la ville de Portland au Maine vient de fermer la porte à l’Oléoduc d’Enbridge pour l’exportation du pétrole de l’Alberta. Bref, le seul couloir apparemment ouvert qui reste est celui du Québec.

Aujourd’hui, l’enjeu énergétique est devenu absolument vital pour l’expansion capitaliste en panne depuis la crise de 2008. L’industrie pétrolière canadienne se sentant piégée à l’ouest et au sud est devenue hyper agressive. Voilà pourquoi elle met tant de ressources (experts en tout genre) pour ouvrir le chemin de l’Est. Réussite quasi totale dans les officines à Québec, où nos politiciens libéraux, caquistes et péquistes font de l’aplanvantrisme pour avantager les compagnies (voir la saga de la ville de Gaspé, l’Île d’Anticosti et les poursuites contre Ristigouche). Le dernier chiffon qui bouche le conduit s’appelle Denis Coderre qui se dit « insatisfait des réponses d’Enbridge » sur l’inversion du pipeline. On réglera ce petit problème en lui envoyant 2 ou 3 lobbyistes.

Dans la conjoncture, Québec solidaire a tout intérêt à faire vivre le « parti de la rue », car à compter de maintenant, seul le peuple peut encore stopper le désastre annoncé face aux pouvoirs de l’argent.

Radicaliser la lutte

La voie traditionnelle de la démocratie représentative est bloquée, mais ça n’empêche pas le bouillonnement à la base dans les régions, chez les radicaux ontariens et les nations autochtones. Des dizaines de comités de citoyens dans des villages québécois ou les petites villes se sont regroupées dans des fédérations régionales et disent NON au pétrole. La conscientisation et la politisation sont à la hausse. La tendance est désormais de lier extraction du gaz de schiste, transport du pétrole par train, bateau ou pipeline comme un seul et même enjeu et qui met aussi en évidence la bataille pour l’appropriation du territoire. « Ces refus » comme l’analyse John Holloway « peuvent être vus comme des fissures, des trous dans le système de domination capitaliste ». Bref, une brèche dans le capital pétrolier canadien est à portée de main. En bloquant les pipelines

Pour les anticapitalistes, militantes et militants libertaires, écosocialistes ou autres radicaux, le blocage du pétrole sale de l’Alberta peut devenir une lutte anticapitaliste significative. Ils et elles doivent mettre cet enjeu du pétrole au sommet de leurs priorités politiques. Et la façon la plus sûre de créer cette brèche sera de bloquer physiquement les pipelines. Et pour ça, une panoplie de moyens peut être utilisée : désobéissance civile, occupations, bref la guérilla rurale et urbaine. Pourquoi ne pas se joindre aux campagnes, marches et autres campements autogérés dans un but avoué de battre le pétrole sale ?

Voilà comment le Québec pourrait apporter sa modeste contribution à la résistance anticapitaliste internationale.

Quelques contacts : http://campligne9.wordpress.com http://www.regroupementgazdeschiste.com/ ?page=historique

Articles du mois

Qui veut encore des Couacs sur papier ? Réflexion sur l’avenir de ce journal.


Offre d’emploi au Couac : « Co-co » recherché.e


Les anciens numéros du Couac peuvent être consultés gratuitement au http://collections.banq.qc.ca/ark :/52327/2163322


[ Tous les articles ]

10 ans de Couacs!

«10 ans de Couacs» regroupe les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord ! Pour en savoir plus sur le livre, cliquez ici.

Commandez dès maintenant votre exemplaire en nous envoyant un chèque de 28 $ (25 $ + 3 $ de frais d'envoi), fait à l'ordre de « Le Couac », au 1872 Gauthier, Montréal, Qc, H2K 1A3. Et n'oubliez pas d'indiquer clairement l'adresse postale où le livre doit être envoyé !

Pour plus d'un exemplaire (et donc catégorie « colis » de Poste Canada), veuillez nous contacter au (514) 596-1017 pour avoir le prix exact. Vous pouvez aussi appeler au même numéro si vous voulez passer chercher le livre pour éviter les frais d'envoi.


Abonnez-vous!

Si vous lisez le Couac sur Internet, serait-ce que vous n'êtes pas abonné?

Savez-vous qu'en vous abonnant, vous aurez huit pages d'articles et de brèves mordantes comme ces quelques échantillons chaque mois?

Savez-vous surtout que vous contribuerez ainsi à assurer la survie d'un des rares journaux indépendants au Québec? Car l'indépendance d'esprit, ça se paie, et plutôt cher par les temps qui courent...

Si vous en avez marre de la rectitude des journalistes et de leurs courbettes devant patrons et publicitaires, courez donc à notre section abonnement et faites un geste concret. Nous avons un urgent besoin de nouveaux abonnés: donnez-nous une chance d'exister !


Brèves
Brèves

Subtile substitution

Après avoir reçu une injonction de Barrick Gold lui interdisant d’utiliser l’expression "poursuite-bâillon", Le Couac a proposé aux éditions Écosociété d’utiliser l’expression poursuite "ta yeule, ta criss de yeule" pour éviter tout malentendu.

* * *

Art civilisé

Afin de s’attirer la sympathie des artistes, Stephen Harper a confié au Couac qu’il joue du piano depuis longtemps, même s’il ne touche ni aux noires ni aux pédales.

MUSIRONIE


[ Toutes les brèves ]


Les plogues
Vous aimez le Couac ? Vous aimerez aussi :

(cliquez sur le logo pour accéder au site)

L’actualité décapée au Varsol… (via Facebook mais sans les photos de chat)

[ Toutes les plogues ]

Faites connaître ce site à un(e) ami(e)

Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau, le Couac est un journal satirique, libre et indépendant. Il propose tous les mois un regard critique sur notre société avec l'humour grinçant qui lui a valu son surnom de ''canard qui a des dents"...

visiteurs depuis le 10/01/2002

© Le Couac 2006
Téléphone / Abonnement: (514) 596-1017