La Une (juin 2014)

Radio-can... on s’en c..... !



Branle-bas de combat pour dénoncer les compressions à Radio-Canada. On s’en prend aux conservateurs. Mais depuis 20 ans conservateurs et libéraux jouent de la même hache et ont placé leurs hommes de main pour gérer le virage. Que les syndicats (toujours en retard de 2 ou 3 saisons) montent aux barricades pour défendre des jobs bien payées dans un service dit public, c’est le minimum décent. Le problème, c’est que ça s’arrête là.

Comme arguments en faveur d’un moratoire sur les coupures, on pavoise sur la qualité des émissions, sur le service public et patati et patata. Bon, je veux bien me laisser convaincre. Mais que fait-on du pire, de toutes ces émissions qui entretiennent la régression sociale ? Chauvinisme canadien lorsqu’il s’agit de sport, surtout en temps olympique, pensé unique en économie (capitaliste évidemment), sans compter le champ politique où nos journaleux ressassent allègrement les tendances les plus éculées de la démocratie représentative. Si j’écoute encore la radio, c’est pour 2 raisons principales. Un, parce qu’il n’y a pas de pub et deux, parce que ça me permet de pester contre la soi-disant "objectivité jusqu’à l’os" de notre élite journalistique.

D’ailleurs, cette élite, payée sans doute dans les 6 chiffres, qui sort subitement de sa réserve. N’y a-t-il pas là anguille sous roche. Imaginez, PKP, concurrent féroce s’il en est, dit écouter assidument radio-can et ajoute même "que Radio-Canada est un acteur fondamental pour une saine et rigoureuse information de la population" (je souligne). La gauche sociale-démocrate, dirigeant-e-s syndicaux, politiciens-nes, élite journalistique, ami-e-s de radio-can, bref, tous convergent avec la déclaration de PKP, qui lui, sait pragmatiquement, que son empire a besoin d’un minimum de radio d’État pour prospérer et pour favoriser le statu quo.

Saine et rigoureuse information : une vraie farce

Radio-Can ne se situe en rien à l’extérieur du "consensus médiatique", celui qui reproduit les pouvoirs politiques, économiques et culturels dominants. On pourrait donner des centaines d’exemples du parti pris "objectif" de radio-can. J’en prends un au hasard de la journée où j’écris ce texte. À Ottawa, on célèbre l’implication des soldats en Afghanistan. Le discours dominant que l’on a entendu toute la journée "Les 158 morts de soldats n’auront pas été vains". La seule critique "acceptable", il en faut bien une, objectivité oblige, est celle qui souligne les ratés du soutien aux soldats blessés. Pendant 12 ans qu’a duré cette guerre, la majorité de la population du Québec est restée fortement opposée à cette guerre. On a refusé de donner la parole aux antiguerre. Exit le débat public sur un enjeu fondamental.

Comme l’a démontré Noam Chomsky , la propagande politicienne et médiatique conditionne l’opinion publique. Dernièrement, le militant-sociologue Pierre Mouterde (Presse-toi à gauche) nous rappelait que "Le poids grandissant et « tonitruant » des médias —dans la formation de l’opinion publique, dans le déroulement d’une campagne (électorale), dans la constitution des rapports de force, etc.— est à sa manière l’expression néolibérale".

Bref, même financée par des fonds publics, Radio-can se comporte comme le privé. Une véritable résistance à son démantèlement programmé et qui doit commencer de l’intérieur, serait une lutte pour la démocratisation de ce service public (comme tous les services publics d’ailleurs), c’est-à-dire l’appropriation réellement collective et démocratique d’un outil qui devrait servir à l’émancipation individuelle et collective.

Moins que ça, je n’ai pas de raison de me mouiller pour sauver RADIO-CAN.

MARCEL SÉVIGNY

Articles du mois

Qui veut encore des Couacs sur papier ? Réflexion sur l’avenir de ce journal.


Offre d’emploi au Couac : « Co-co » recherché.e


Les anciens numéros du Couac sont accessibles par le site de la BANQ qui les a scannés et numérisés ! Voir au http://collections.banq.qc.ca/ark :/52327/2163322


[ Tous les articles ]

10 ans de Couacs!

«10 ans de Couacs» regroupe les meilleurs articles du mensuel satirique francophone le plus lu en Amérique du Nord ! Pour en savoir plus sur le livre, cliquez ici.

Commandez dès maintenant votre exemplaire en nous envoyant un chèque de 28 $ (25 $ + 3 $ de frais d'envoi), fait à l'ordre de « Le Couac », au 1872 Gauthier, Montréal, Qc, H2K 1A3. Et n'oubliez pas d'indiquer clairement l'adresse postale où le livre doit être envoyé !

Pour plus d'un exemplaire (et donc catégorie « colis » de Poste Canada), veuillez nous contacter au (514) 596-1017 pour avoir le prix exact. Vous pouvez aussi appeler au même numéro si vous voulez passer chercher le livre pour éviter les frais d'envoi.


Abonnez-vous!

Si vous lisez le Couac sur Internet, serait-ce que vous n'êtes pas abonné?

Savez-vous qu'en vous abonnant, vous aurez huit pages d'articles et de brèves mordantes comme ces quelques échantillons chaque mois?

Savez-vous surtout que vous contribuerez ainsi à assurer la survie d'un des rares journaux indépendants au Québec? Car l'indépendance d'esprit, ça se paie, et plutôt cher par les temps qui courent...

Si vous en avez marre de la rectitude des journalistes et de leurs courbettes devant patrons et publicitaires, courez donc à notre section abonnement et faites un geste concret. Nous avons un urgent besoin de nouveaux abonnés: donnez-nous une chance d'exister !


Brèves
Brèves

Subtile substitution

Après avoir reçu une injonction de Barrick Gold lui interdisant d’utiliser l’expression "poursuite-bâillon", Le Couac a proposé aux éditions Écosociété d’utiliser l’expression poursuite "ta yeule, ta criss de yeule" pour éviter tout malentendu.

* * *

Art civilisé

Afin de s’attirer la sympathie des artistes, Stephen Harper a confié au Couac qu’il joue du piano depuis longtemps, même s’il ne touche ni aux noires ni aux pédales.

MUSIRONIE


[ Toutes les brèves ]


Les plogues
Vous aimez le Couac ? Vous aimerez aussi :

(cliquez sur le logo pour accéder au site)

L’actualité décapée au Varsol… (via Facebook mais sans les photos de chat)

[ Toutes les plogues ]

Faites connaître ce site à un(e) ami(e)

Fondé en 1997 par Pierre de Bellefeuille et Jean-François Nadeau, le Couac est un journal satirique, libre et indépendant. Il propose tous les mois un regard critique sur notre société avec l'humour grinçant qui lui a valu son surnom de ''canard qui a des dents"...

visiteurs depuis le 10/01/2002

© Le Couac 2006
Téléphone / Abonnement: (514) 596-1017